Comment arrêter de grincer des dents la nuit en 3 étapes

Quand une patiente me consulte pour une douleur à la mâchoire ou pour une mâchoire qui craque et qu’elle souffre de bruxisme, c’est-à-dire qu’elle grince des dents la nuit, je peux évidemment, lors d'une séance d'ostéopathie, détendre les tensions musculaires s’étant installées et redonner un mouvement plus ample et harmonieux aux articulations. Cependant, si vous profitez de vos 7h de sommeil, chaque nuit, pour grincer ou serrer les dents, vous réinstallerez rapidement la douleur. Alors il vous sera beaucoup plus bénéfique de travailler le problème à la source! Mais comment faire pour s’arrêter de serrer des dents la nuit alors que l’on dort? En arrêtant de l’entraîner durant la journée!

Douleur mâchoire

 

ÉTAPE 1

Plusieurs de mes patientes ont au moins l’une de ces habitudes durant la journée qui équivalent à un super entraînement spécifique aux muscles de la mâchoire. Voici mon top 5 :

  • Mâcher de la gomme
  • Se ronger des ongles
  • Se mordiller les lèvres ou l’intérieur des joues
  • Mâchouiller un crayon
  • Serrer des dents pour effectuer une tâche délicate ou requérante de la concentration

En fait, c’est comme si vous envoyiez votre mâchoire chaque jour au gym et que vous la programmiez à serrer. Pas surprenant qu’elle soit de plus en plus efficace et que ses muscles soient de plus en plus forts! C’est aussi pour cette raison qu’elle continue de s’activer durant la nuit!

La première étape est donc de cesser ces habitudes pour arrêter la programmation du bruxisme.

ÉTAPE 2

Faire une vérification régulière durant la journée pour noter la quantité de tension présente dans les muscles de la mâchoire, du cou et des épaules. Évidemment, si vous en découvrez, de grâce laissez-la partir! Identifier ce qui installe cette tension. Est-ce une posture de travail? Changer de position. Est-ce du stress? Prenez 3 grandes inspirations et expirations.

Cet aller-retour mental entre vos activités et cette partie de votre corps vous amènera à en être plus conscient. De cette façon, vous entraînez maintenant votre corps à rester attentif à la tension et à relaxer, donc à faire l’action

 inverse de ce qu’il a l’habitude de faire.

La deuxième étape est la reprogrammation de votre mâchoire.

ÉTAPE 3

Certaines des habitudes décrites plus haut ainsi que la tension permanente présente dans les muscles de la mâchoire, du cou et des épaules sont très souvent un indicateur d’un niveau de stress élevé vécu par la personne.

Cette dernière étape est simple à écrire, mais souvent ardue à mettre en place : il s’agit de développer une stratégie efficace de gestion du stress.

La mâchoire est une articulation émotive. Elle obéit à un réflexe de protection. On serre des dents instinctivement lorsque l’on anticipe une chute ou bien un coup à la tête. Cela a pour effet de bloquer l’articulation temporo-mandibulaire et ainsi se protéger d’un éventuel trauma crânien.

Le stress installe donc une tension musculaire et la tension musculaire installe un sentiment d’inconfort qui perpétue le stress. Tout comme il est inutile d’essayer de départager lequel de l’œuf ou la poule est arrivé en premier, il n’est pas nécessaire de savoir lequel du stress ou de la tension musculaire a pu causer le problème. C’est une problématique où tous les paramètres s’entretiennent les uns et les autres. Il faut donc agir sur l’ensemble de ceux-ci : habitudes, stress et tensions musculaires. Vous trouverez en l’ostéopathe un allié précieux pour soulager ces dernières. C'est évidemment un travail qui s'échelonne sur plusieurs mois, alors ne vous découragez pas et armez-vous de persévérance, les résultats n'en seront que plus satisfaisants!

Cynthia CHAPDELAINE

Ostéopathe Diplômée en Ostéopathie (D.O.), à Montréal, Qc. 
Spécialisée dans le traitement des douleurs de la mâchoire